"Don't be here in ten years." – The Factory Line

Gala de théâtre étudiant de MainLine: une entrevue avec Ian Truman.

 

 

(You can find an English version of this interview two posts below this one!)

 

Bonjour,

 

Mary (mon épouse) nous a demandé a tous de répondre a une entrevue afin que vous puissiez connaître les gens derrière le gala. Voici donc la mienne.

 

Comment est-ce que le gala est né?

 

Je pourrais dire que c’est mon bébé. Il y a trois ans, j’étais étudiant à Concordia (Mary aussi) et Jérémy et Amy prenaient pars a une sorte de foire-rencontre pour les étudiants en arts. C’est là que Mary rencontra Jérémy et ils ont parlés de projets possibles à mettre sur pieds pour la communauté artistique Montréalaise. J’avais un cours d’écriture dramatique cette session là et j’avais en tête une soirée de pièces courtes que j’aurais mise sur pieds avec les textes de personnes dans mes cours à Concordia.

 

Mary a réussi à me botter le cul (ca arrive plus souvent que vous le croiriez) pour que j’aie voir Jeremy. Je lui ai envoyé un e-mail avec le plan pour le projet et nous avons accepté de nous rencontrer pour en parler. J’ai mis les pieds a MainLine et je dirais qu’on est resté la une seconde à essayer de se jauger (size-up) et la poignée de main était, je crois, solide et bien sentie.

 

J’ai proposé mon événement centré sur l’Université Concordia. Il a mentionné l’idée qu’il serait plus intéressant d’ouvrir la soirée à toute la communauté étudiante de Montréal. Il croyait, avec raison, qu’une soirée simplement dédiée aux étudiants-étudiantes de Concordia ne serait pas assez forte pour attirer un public suffisant pour payer la salle. J’étais content de voir qu’il voulait s’implique activement dans le processus et faire un événement plus grand que ce que j’avais en tête au départ.

 

Alors, j’ai retravaillé le plan, resoumis à Jeremy et il était d’accord. C’est alors qu’on a divisé les Cegeps et Universités pour l’affichage et quelques professeurs étaient avec nous. La première année, nous avons fait une soirée de trois pièces Anglophones et nous avons eu une audience suffisante pour couvrir nos frais. Je crois qu’on a donné quelque chose comme $100 à chaque équipe et j’étais content de pouvoir faire juste ça (en fait, j’étais content de juste pas perdre d’argent.)

 

Nous nous sommes recontactés moi et Jeremy pour parler de ce qui avait bien marché et de comment étendre l’événement pour les années suivantes.

 

Comme j’étais en fin de Bac, je ne croyais pas avoir le temps de faire autant de bénévolat pour une autre année. C’est là que Mary a décidée de prendre en charge le gros des responsabilités et que mon rôle est devenu un rôle de support (course, portier, traductions, affichage etc.…) alors qu’elle s’occuperait du support aux équipes, gestion de scène et Jeremy s’occuperais de la gestion de temps, disponibilité de la salle et des communications.

 

La deuxième année nous avons eu quatre équipes, deux en Français et deux en Anglais. Nous avons convenu de faire trois représentations à cause du succès de la première année. Avec deux représentations presque salle comble et une troisième soirée vendu a plus que capacité, je crois que Montréal était prête pour un événement du genre.

 

Ce qui nous amène a l’année no. 3 et nous avons reçu plus de soumissions que jamais auparavant, plus de professeurs-professeures nous ont invité-es à parler dans leurs classes, je crois que le Gala est bon pour l’avenir.

 

Pourquoi MainLine?

 

Je dois avouer que je n’avais jamais mis les pieds à MainLine avant mon meeting avec Jeremy. J’ai passée ma jeunesse dans un endroit appelé L’X, qui était en fait une salle communautaire au centre-ville de Montréal. J’aime beaucoup le punk et le hardcore, et le genre DIY de punk/hardcore. (Vous comprendrez pourquoi je parle de ça dans une minute) L’X avait une ambiance unique, c’était « pour tous » ce qui était aussi unique, je crois. Si vous aviez un peu de cœur et un band, les gens qui s’occupaient de la place faisaient des pieds et des mains pour vous mettre sur scène le moins cher possible. Quand L’X à fermée ses portes, j’étais plus que déçu et une grosse portion de ce que la ville avait à offrir créativement était disparu.

 

J’avoue que je n’étais pas certain de la scène théâtrale. La plupart des théâtres ou j’ai mis les pieds, je trouvais ça snob et hautain, remplis de gens avec lesquels j’ai aucune affinité (je suis et demeure quelqu’un de la classe ouvrière). Mis à pars le travail de David Fennario, qui selon moi est un écrivain phare de Montréal, je n’avais jamais trouvé beaucoup d’amis dans le milieu. (Je crois que Fennario lui-même est un « black sheep » dans le milieu.)

 

Ça changé le moment où j’ai mis les pieds a MainLine. Quand j’ai vu la porte, je me suis dit, « Fuck, c’est pareil comme L’X! » La porte fait dur, les escaliers font dur et j’aime ça. Ça me dit que les gens qui s’occupent de la salle préfèrent s’occuper des événements que de plaire aux yuppies avec des vins fancy ou des céramiques importées, des tables à bistro designer ou d’autres cochonneries qui sont, quand on y pense, superflues aux arts de la scène.

 

La vérité c’est que sans MainLine, le gala n’aurait pas eu lieu. Je ne l’aurais pas fait en tout cas.

 

Quel est ton rôle maintenant?

 

Les rôles n’ont pas vraiment changés depuis l’année dernière. Mary a fait un excellent travail pour aider les équipes et à la gestion de scène, alors elle conserve ce rôle de tête. Elle travaille le reste de l’année en télévision, cinéma où théâtre (L’hiver est généralement mort dans l’industrie) alors elle reste occupée et elle profite de cette période creuse pour donner plus de temps au gala.

 

Jeremy s’occupe toujours des horaires des salles (répétitions et salle principale) ainsi que de la plupart des efforts de communications. Je sais que les autres employés de MainLine contribuent leur temps en répondant au téléphone, courriels, média sociaux etc.…

 

Je m’occupe plus de la planification, qui est mon point fort de toute façon, et je critique/édite les pièces. Au niveau de la planification, très peu de choses ont changées depuis la première année. A chaque année nous essayons d’étendre l’événement, d’inclure de nouveaux éléments, mais la base est forte et demeure la même. « If it ain’t broken don’t fix it » Jeremy m’a déjà dit. (Si c’est pas pété, y’a rien à réparer.)

 

Au niveau des critiques et de l’édition, nous n’imposons aucun changement aux productions sélectionnées. Ce que nous dirons, par exemple, ressemblerait à, « cet élément sera difficile à implanter dans une salle de cette grandeur pour X raison. » ou bien, « Ce personnage n’a pas suffisamment de temps/présence pour avoir l’impact que tu voudrais qu’il ait. »

 

C’est toujours fait avec respect et dans une perspective créative. Je dirais par expérience que les équipes acceptent plus ou moins 80% de nos recommandations (de moi, Mary ou Jeremy) et qu’ils les incorporent d’une façon ou d’un autre dans leurs pièces. Mais ils-elles ont toujours le dernier mot.

 

Est-ce que c’est important d’avoir un événement bilingue?

 

Ça faisait juste du sens pour moi. Mon héritage francophone ne ma jamais empêché de travaillé en Anglais, où même en Espagnol (très peu) ou dans n’importe quelle langue ou milieu si on y pense. Je suis particulièrement fatigué de la politique québécoise qui est encore (j’ai de la misère à y croire) centrée sur l’idée d’un conflit franco/Anglos. C’e n’est pas ce que je vois à Montréal, ce n’est pas Montréal du tout. Cet événement à pour but de supporter le théâtre Montréalais et pour ce faire, il faut le faire dans les deux langues. (Je me souviens avoir déjà dit a quelqu’un que je n’avais pas de problème a ce qu’une pièce ait de l’Espagnol ou du Yiddish, ou n’importe quelle langue en fait, tant que le gros de la pièce pouvait être compris par l’audience.)

 

En gros, si vous êtes jeune et vivez à Montréal, vous devez comprendre au moins le Français et l’Anglais. Si non, bien je crois que le gala n’est pas pour vous.

 

Où voyez-vous l’événement dans cinq ans? Dix ans?

 

Je ne crois pas que le plan de base va changer tant que ça. Ce sera toujours en Février ou début Mars pour le simple fait que l’année scolaire commence en Septembre. Les étudiants-étudiantes on besoin de temps pour préparer leur pièces avec leurs amis et collègues. Nous avons besoin de temps pour l’appel de candidatures et ils-elles ont besoin d’au moins six semaines de préparation une fois les équipes sélectionnées. Il faut aussi tenir compte du fait que beaucoup d’entre nous travaillent 60h semaine régulièrement à partir de Mars, alors le creux hivernal nous permet de travailler sur le gala.

 

Je dirais que quatre représentations est probablement le maximum qu’on peut demander aux étudiants-étudiantes sans nuire à leur études. Probablement que la couverture médiatique augmentera. L’événement pourrait aider à lancer des carrières et certaines personnes qui ont participées dans le passé se font de plus en plus un nom. Je pense ici à Grace Gordon. Je dois dire que Grace à du travailler pendant une décennie sur des dizaines de projet pour arrive ou elle est, mais elle transmet encore les mémos de MainLine sur les réseaux sociaux et c’est toujours apprécié. Je dirais que professionnellement tout le monde grandit un peu en même temps.

 

Dans cinq ans, je crois que les journalistes cultures vont faire du temps pour nous au lieu qu’on ait à courir après. Peut-être vont-ils même chercher le nouveau talent montréalais chez nous. J’aimerais un jour pouvoir faire une représentation réservée aux médias, agences et autres. Je ne dis pas qu’on veut nécessairement être une courroie pour Random House ou Warner ou n’importe quelle autre compagnie médiatique.

 

Mais si les étudiants-étudiantes on la chance de résauter grâce à notre événement, ils-elles pourront décider eux-mêmes de leur carrière.

 

Et vous? Qu’est-ce que vous en tirez?

 

Je crois que ça fait partie de la contre-culture dans laquelle j’ai grandit. Comme j’ai dit plus tôt, j’aime le punk-hardcore DIY. Je parlais de l’X aussi, et je ne peux pas insister assez sur l’impact que cette salle à eu sur moi. Je suis né dans l’est de Montréal et ce n’est pas nécessairement la plus belle/facile place où vivre. Alors très jeune mes parents (dès qu’ils ont pu) nous ont amenés vivre en banlieue. Ce qui est drôle c’est que ce n’est qu’en revenant au Cegep à Montréal que j’ai rencontré des artistes ou des punks venant de Repentigny. Je crois qu’on était tous tout seuls dans nos sous-sols sans savoir qu’on était en fait une gang, mais bon. Ce que je veux dire c’est qu’un jour je rencontre un gars du nom de Matthieu Lachapelle et c’est lui qui organisait tout les shows punk à Repentigny, dont certains à Montréal. Souvent je traînais là et j’ai même eu mes propres bands à un certain point. Il avait cette mentalité que si tu pouvais ramasser trois bands et quarante kids dans une salle, n’importe quelle salle,  et bien tu avais un spectacle.

 

Au fil des ans, nous avons rencontré plus de gens dans nos cercles respectifs. Il est parti en tournée en Europe avec les moyens du bord et j’ai joint le mouvement étudiant cette année la si je me souviens bien. On s’est perdu de vue, mais l’important est l’idée que si tu as un bon plan, un peu de volonté et quarante kids dans une salle, tu peux faire n’importe-quoi.

 

Organiser des spectacles et événement est quelque chose que j’ai fait souvent tant en « politique » qu’en création. Quand L’X à fermée, il y avait un vide en culture alternative à Montréal.

 

Mais n’allez pas croire que j’ai lancé le gala de façon purement altruiste. Je crois que toute scène culture (ou même sociale je pourrais dire) a besoin d’énergie, de s’auto-suffire sinon elle meurt. Comme je suis moi aussi artiste, j’ai besoin d’un milieu qui n’est pas stagnant pour que mon travail fasse du sens. Si l’événement que je mets sur pieds améliore l’offre culturelle d’une communauté, cette communauté grandi. Et comme je fais partie de cette communauté, je grandis avec elle.

 

J’ai eu plusieurs entrevues à cause du gala. J’ai rencontré des gens clés. J’ai reçu des recommandations etc.… Je veux également transformer mes romans en films un jour et le tremplin du théâtre MainLine est quelque chose d’important pour moi.

 

C’est pas mal tout, je crois.

 

Merci,

 

Ian

 

 

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